Abbaye de Belleville en Beaujolais

Publié le 5 juin 2026

Visite faite jeudi 16 avril 2026, proposée par l’Hôtel Dieu.

Belleville est intimement liée aux Sires de Beaujeu et tout particulièrement à Humbert III, parti en croisade, il est devenu Templier. Sa femme le supplie de revenir car ses terres sont convoitées par ses ennemis ! Humbert III revient en 1145, ayant rompu ses vœux de Templiers, … mais avec le soutien de l’Archevêque de Lyon et de Pierre le Vénérable (9ème abbé de Cluny, très influent), il évite la condamnation et doit pour racheter sa faute de ne pas avoir réaliser sa mission de sauver le tombeau du Christ, fonder en 1154, une commanderie (qui devait se situer à la place de l’actuelle école Notre Dame). Cette commanderie accueille les Templiers à leur retour de croisades, et les aide matériellement.

Il fonde Belleville et un prieuré est édifié en 1158. Puis sera construite l’abbaye de la confrérie de Saint Augustin, entre 1168 et 1175, consacrée en 1179. C’est une abbaye indépendante qui n’est pas rattachée à Cluny. Humbert III veut en effet une nécropole pour sa famille : une quinzaine de membres entre le 12ème et le 15ème siècle, y seront enterrés, à l’intérieur vers les piliers… il ne reste pas de traces visibles des sépultures car elles ont été détruites à la révolution, comme tous les symboles représentant le pouvoir et la domination (les chaires des églises par exemple). D’autres sépultures étaient devant l’abbaye. En 1420, c’est la dernière femme enterrée ici de la famille de Beaujeu. L’abbaye est l’une des plus grande de la région : 63 m de long pour 23 m de large. A titre de comparaison, la cathédrale de Lyon mesure 16 m de plus, l’abbaye d’Ainay fait 37 m de long !

Rue Bourdy, se situait l’ancien passage de l’abbaye, c’était l’entrée principale de l’abbaye. Il a été détruit en 1954. Il y avait une grande entrée pour les voitures à cheval, et un passage pour les piétons dans la propriété à droite : on venait y payait la dîme ! (Impôt dû au clergé au Moyen Age)

L’escalier a été inversé pour permettre la création du garage de la maison …

Le cloître comprenait dès le départ plusieurs bâtiments : scriptorium, chambre-cellule particulière pour les moines qui avaient une fonction importante, dortoir pour les autres, infirmerie, cellier, … lors des fouilles réalisées en 2020, ont été mis au jour un puits et des bancs de pierre. Un cimetière au chevet de l’église, a dû accueillir les sépultures des chanoines. En effet il y eut jusqu’à 32 chanoines dans l’abbaye, qui était entourée de 2 à 3 ha de terres et de vignes. Au 18ème siècle, ils étaient 11 chanoines. A la Révolution, il n’en restait que 5. L’abbaye a servi alors de Temple de la Raison puis de grenier à foin. Cette utilité a sans doute permis d’éviter trop de détérioration ! Elle sera rendue au culte en 1803.

 

La restauration étant en cours l’église est fermée pendant cette 1ère phase de restauration qui en comptera 5. Elle reste ouverte pour le culte.

 

Les remparts ont été détruits au 16ème et 18ème siècles lors des guerres de religion, et reconstruits. On retrouve plusieurs types de matériaux : briques, galets, mais aussi des pierres de réemploi de l’ancienne église du prieuré ou du cloître dans ces murs : pierres à disposition sur place, donc gratuites. Pas besoin de payer un tailleur … donc si la taille convenait, on se servait !

Il existait un second clocher qui a été détruit et n’a jamais été reconstruit. On peut voir l’influence de Cluny, car un 3ème clocher avait été prévu : un espace à la croisée est visible et il existait même l’emplacement pour la corde. Mais peut-être la capacité technique de faire un clocher sous la coupole ou le manque d’argent fait qu’il ne sera pas construit.

C’est une église de transition roman/gothique … Elle possède 3 cloches à balancier du 19ème siècle, car les anciennes cloches ont été fondues à la révolution. Leurs poids sont respectivement de 500 kg, 820 kg et 1,5 t. Elles ont pour marraines : Claudine, Félicité et Hélène.

Il existe peu d’églises romanes en Beaujolais, car au 19ème siècle, il était d’usage de « raser » les anciennes églises pour en construire des neuves afin de montrer la richesse des vignerons et impressionner les visiteurs. (?)

On constate une évolution concernant les ouvertures dans les façades de l’abbaye :  la première est mal maîtrisée, puis la technique s’améliore grandement !